jeudi 1 mars 2007

Eclaircie

En réaction à l'étude Francim sur la survie, Libération publie plusieurs articles dont la tonalité est globalement positive. Sous le titre "Belle éclaircie sur le front du cancer", Eric Favereau dresse quatre constats ("la France est l'un des pays au monde où la survie est la plus importante"; "la femme se défend mieux"; "les cancers ne se ressemblent pas"; "l'âge tend à devenir un critère important") tout en exprimant un regret : "cette radiographie, pour massive qu'elle soit, ne rend pas compte de l'évolution." Dans un autre article, "Un chantier qui n'est pas en plan", E. Favereau écrit que "l'action de l'Etat a porté ses fruits" et que, "aujourd'hui, l'INCa, avec son nouveau président, le Pr Dominique Maraninchi, paraît en mesure de coordonner une politique nationale." Interrogé par Julie Lastérade, Guy Launoy, de l'Inserm, met l'accent sur "des inégalités dans l'accès aux soins" et livre une annonce : "notre prochaine étude consistera à évaluer les chances de survie en fonction de centres de soin. On le fait pour les maternités, pourquoi pas pour la prise en charge du cancer?" Dans le sillage de la campagne "Héros ordinaires" de l'INCa, Stéphanie Platat est allée sur le terrain du monde du travail pour voir "comment les collègues et anciens malades parlent de la maladie". Quant à Gérard Dupuy, qui a peut-être lu un peu rapidement les articles de ce dossier, il place son éditorial sous le titre "Petites avancées" et écrit avoir retenu une leçon de… "la campagne de la Ligue faisant des cancéreux des "héros" méconnus": "la seule chose qu'il ne faut pas redouter, à propos du cancer, c'est de banaliser son abord social".
Dans l'article du Figaro, curieusement titré "Cancer : le taux de survie s'améliore en France", Jean-Michel Bader a repéré une phrase dans la volumineuse étude de Francim qui, dit-il, sera mis en ligne sur le site de la Ligue d'ici dix jours : "les progrès dans la survie du cancer du sein, de la thyroïde ou de la prostate, malgré une forte augmentation du nombre total de nouveaux cas annuels sont à porter au bénéfice de diagnostics en moyenne plus précoces." Son article se conclut sur un reproche : "l'Etat, l'Institut national de veille sanitaire, le ministère de la Santé sont étrangement absents de cette initiative". J-M Bader rappelle d'ailleurs que "la Cour des comptes en 2004 avait déjà reproché à cet organisme [l'InVS] de ne pas avoir la main sur les données des registres."