mercredi 28 mars 2007

IRM pour cancer du sein?

Parus simultanément, deux articles américains suggèrent un plus large recours aux examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour les femmes à risque connu de cancer du sein. Le premier, dans CA: A Cancer Journal for Clinicians, est une mise à jour des recommandations de l'American Cancer Society (ACS) sur ce sujet; le second, dans le New England Journal of Medicine, décrit une étude montrant que, chez près de 1000 femmes qui ont eu un cancer diagnostiqué dans un sein, un IRM de l'autre sein a trouvé des tumeurs non repérées par une mammographie dans 3% des cas. Les deux articles sont repris par les grands quotidiens : le New York Times, par exemple, explique que, si l'on suit l'ACS, "un million de femmes supplémentaires devraient recourir tous les ans à une IRM, une demande que les radiologistes américains ne peuvent pour l'instant satisfaire"; le Washington Post surenchérit en écrivant que, si le rapport coût-efficacité de ces examens semble favorable dans ce groupe à risque, "personne n'a encore estimé le coût global de la mise en oeuvre de ces recommandations"; dans le Los Angeles Times, un directeur d'hôpital parle de "nombreux milliards de dollars." Quant au docteur Len, le blogueur de l'ACS, il livre une analyse détaillée, hors des sentiers de l'économie, de l'intérêt clinique de ces publications qui, ironie de l'histoire, font l'actualité alors que décède l'un des pères de l'IRM, Paul Lauterbur, prix Nobel 2003 (nécrologie ici et ici).