mercredi 4 avril 2007

Avertissements

Bruce Ponder est, selon le titre d'un article du Guardian, le plus éminent cancérologue du pays. Dans le portrait qui lui est consacré, il fait part de son inquiétude : "des études montrent que, lorsqu'on autopsie des gens qui sont morts dans un accident de voiture, on trouve que la plupart d'entre eux ont quelque chose qu'un anatomopathologiste qualifierait de cancer. Ils auraient pu vivre jusqu'à 120 ans sans le savoir. Or, à force de développer et d'améliorer des tests pour un diagnostic précoce du cancer, il se peut que nous détectiions ainsi un grand nombre de cancers qui ne produiront aucun effet au cours de la vie d'un individu. Il nous faut donc en même temps trouver de meilleures façons de discriminer ces cancers, d'identifier ceux qui ont un sens et ceux qui n'en ont pas." Prenant l'exemple du cancer de la prostate, il avertit : "il faut faire attention à ne pas faire plus de mal que de bien."
Au même moment, paraît une étude qui, dans le Journal of the National Cancer Institute, explique que "ni le montant de l'antigène spécifique de la prostate (PSA) dans le sang d'un patient au moment de son diagnostic du cancer de la prostate, ni le taux d'évolution de ce montant pendant le cours de la maladie ne permettent de prédire le degré de létalité du cancer" (à lire aussi: l'édito, en accès libre). Quant au Bulletin du NCI, il se fait l'écho de recommandations, parues dans le Journal of Clinical Oncology, sur l'utilisation de thérapies anti androgène pour le cancer de la prostate : "elles ne semblent pas offrir un avantage en termes de survie sur ce qu'on appelle la surveillance attentive chez les hommes avec des métastases ou une maladie évolutive."