jeudi 5 avril 2007
Le progrès n'est plus ce qu'il était
"Les systèmes informatiques conçus pour rendre les mammographies plus précises se révèlent avoir rendu ces examens moins fiables", écrit le Washington Post à propos d'un article paru dans le New England Journal of Medicine (NEJM). Ses onze signataires se sont intéressés à cette technologie récente qu'est la mammographie avec détection assistée par ordinateur (DAO), une technologie qui, selon un communiqué du National Cancer Institute, équipait déjà, trois ans après son autorisation en 1998, 10% des centres de mammographie américains. Leur conclusion est simple: "le plus fort taux de biopsies réalisés à partir d'une détection assistée par ordinateur n'est clairement pas associé avec une meilleure détection des cancers invasifs du sein." L'éditorial du NEJM qui accompagne cet article pointe la faible rentabilité économique de l'activité "mammographie" dans les unités hospitalières de radiologie. Son signataire, le docteur Ferris Hall, est plus explicite encore dans ses déclarations au New York Times : "les principales raisons pour lesquelles nous avons acquis des systèmes de DAO étaient de deux types : c'était financièrement bon pour nous et tout le monde s'en procurait. Il s'agissait d'une compétition. D'ailleurs, même maintenant, la DAO n'est pas morte du tout." Dans le Los Angeles Times, une professeur de radiologie pointe quant à elle une faiblesse de l'étude : celle-ci a évalué des résultats obtenus, entre 1998 et 2002, avec une première version du logiciel de DAO, or celui-ci a depuis beaucoup progressé...