lundi 2 avril 2007

Vaccin HPV : une synthèse et un calcul

Dans Nature Clinical Practice Oncology, une professeure de l'université du Nouveau-Mexique publie un long article de revue de la littérature (parue avant le 12 septembre 2006) sur "les vaccins prophylactiques et les tests de dépistages du papillomavirus humain" (HPV). Au détour d'un paragraphe (p. 230), on apprend par exemple que "le bénéfice et l'impact d'une vaccination HPV dans une population générale de femmes sexuellement actives sont probablement surestimés par les chiffres actuels tirés des essais de vaccins HPV".
L'article se conclut par quelques points-clés (p. 233), notamment :
- de nombreux types de HPV non couverts par ces vaccins continueront à causer des cancers du col de l'utérus, de plus, les vaccins ne montrent aucun effet thérapeutique significatif sur les femmes qui sont déjà infectées par les types vaccinaux de HPV; il faut donc rester vigilant dans la continuation et l'amélioration des programmes de dépistage du cancer du col utérin.
- [...] on sait peu de choses sur la durée de l'immunité, les marqueurs d'une protection immunitaire minimale, et les critères potentiels pour des vaccinations de rappel.
- il nous faut réduire les disparités et apporter à celles qui en ont le plus besoin les bénéfices des progrès dans la prévention du cancer du col utérin; enfin, il reste à déterminer l'usage optimal et les rôles relatifs des vaccins prophylactiques et du dépistage du HPV au sein de divers environnements.
Alors que le débat sur le Gardasil ne cesse de rebondir aux Etats-Unis, le Canadian Medical Association Journal raconte que, au Canada, "le débat s'engage sur le financement public du vaccin HPV". L'article cite une rare étude économique qui, sur 26 ans, sur la base d'un vaccin à 330 dollars canadiens et d'un rappel à 100 dollars, compare la réduction du coût des traitements du cancer du col et le coût de la vaccination : 54 millions de dollars d'un côté, 373,6 milliards de l'autre. Face à ce calcul, le directeur du Programme national de prévention des cancers répond que le coût ne peut pas être le seul critère de valeur.