vendredi 11 mai 2007
Cancer et EPO (suite)
"Comment est-ce possible que quelque chose qui était censé m'aider ait pu contribuer à empirer mon état?" : prononcée par une patiente de 60 ans qui, atteinte d'un cancer du sein depuis 2000, a pris un traitement à l'érythropoïétine (EPO) pour lutter contre une anémie consécutive à une chimiothérapie, cette phrase est reprise dans tous les comptes-rendus de l'audition publique, hier, d'un Comité consultatif de la Food and Drug Administration (FDA) sur la sécurité de l'EPO (voir ce billet). Ce Comité d'experts, extérieurs à l'agence de régulation américaine et "sans conflits d'intérêt", a émis plusieurs recommandations qui, si elles sont suivies d'effets, "devraient spectaculairement réduire l'usage de ces médicaments contre l'anémie", explique l'observateur Merrill Goozner.
Selon le Washington Post (WP), l'EPO, initialement développée dans le cadre de maladies du rein, est utilisée chez les patients atteints de cancer depuis 1993: "aux Etats-Unis, les ventes d'EPO ont augmenté de 40% depuis 2002" et, "globalement, une EPO est prescrite à environ 450 000 patients atteints de cancer par an". Mais, en dépit de cette large - et ancienne- diffusion, "une amélioration de la qualité de vie, de la fatigue ou d'autres symptômes associés à l'anémie n'a pas été démontrée dans des essais contrôlés proprement menés, randomisés, en double aveugle et contre placebo", a déploré un expert qui, rapporte le New York Times, s'est aussi étonné que "les fabricants d'EPO n'aient pas fourni les données qu'ils avaient promises lors d'une réunion similaire en 2004." Un éditorial du British Medical Journal résume la situation: "dans le cas de l'EPO, la vérité s'est perdue dans la tempête des polémiques professionnelles, compliquée par les intérêts particuliers des puissants laboratoires."
Selon le WP, "les résultats de diverses études sur les cancers du sein, du poumon ou de la gorge suggèrent que l'EPO engendre une croissance tumorale et une réduction de la survie relative des patients sous EPO par rapport à ceux sous placebo." Le Comité recommande donc que, dans ces types de cancer où le doute a été soulevé, la FDA interdise l'usage de l'EPO. Ce qui représente "un sérieux revers pour l'un des premiers, de loin le plus lucratif, médicaments "ciblés" issus des biotechnologies."
Selon le Washington Post (WP), l'EPO, initialement développée dans le cadre de maladies du rein, est utilisée chez les patients atteints de cancer depuis 1993: "aux Etats-Unis, les ventes d'EPO ont augmenté de 40% depuis 2002" et, "globalement, une EPO est prescrite à environ 450 000 patients atteints de cancer par an". Mais, en dépit de cette large - et ancienne- diffusion, "une amélioration de la qualité de vie, de la fatigue ou d'autres symptômes associés à l'anémie n'a pas été démontrée dans des essais contrôlés proprement menés, randomisés, en double aveugle et contre placebo", a déploré un expert qui, rapporte le New York Times, s'est aussi étonné que "les fabricants d'EPO n'aient pas fourni les données qu'ils avaient promises lors d'une réunion similaire en 2004." Un éditorial du British Medical Journal résume la situation: "dans le cas de l'EPO, la vérité s'est perdue dans la tempête des polémiques professionnelles, compliquée par les intérêts particuliers des puissants laboratoires."
Selon le WP, "les résultats de diverses études sur les cancers du sein, du poumon ou de la gorge suggèrent que l'EPO engendre une croissance tumorale et une réduction de la survie relative des patients sous EPO par rapport à ceux sous placebo." Le Comité recommande donc que, dans ces types de cancer où le doute a été soulevé, la FDA interdise l'usage de l'EPO. Ce qui représente "un sérieux revers pour l'un des premiers, de loin le plus lucratif, médicaments "ciblés" issus des biotechnologies."