vendredi 4 mai 2007
Une leçon d'économie appliquée
"Soigner le cancer aujourd'hui : qui peut le payer?" : tel était le titre de la conférence de clôture d'un forum récent, organisé à Singapour sous l'égide de la revue The Lancet autour du thème "L'Asie et la gestion du cancer au 21ème siècle". Le conférencier était le professeur Michael Rawlins, directeur général d'un organisme britannique original, le National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) et, grâce au Lancet, on peut l'écouter en toute liberté ici (fichier mp3, 27 mn). Le Pr. Rawlins explique avec une grande clarté, sans omettre de pointer les zones d'ombre d'un processus souvent controversé, comment, pour les médicaments anti-cancer, NICE accomplit sa mission d'évaluation du rapport coût/efficacité d'un nouveau traitement.
Au passage, il affirme que, en matière de cancer, "la recherche sur l'efficacité clinique est en général plus faible que dans n'importe quel autre domaine de la médecine clinique. Nous acceptons des médicaments anti-cancer sur la base de preuves que nous trouverions inacceptables pour les maladies cardiovasculaires, bien que le pronostic pour ces maladies soit pire que pour le cancer."
Mais son propos central est d'ordre économique et, quelle que soit la procédure utilisée, une évaluation de NICE calcule le rapport entre, d'un côté, le prix du nouveau médicament et, de l'autre, l'amélioration de la qualité de vie qu'il apporte aux patients. Il reste ensuite à s'accorder sur le seuil à partir duquel ce rapport qualifie un médicament d'acceptable pour NICE... Si ce seuil est sujet à controverse au Royaume-Uni (voir cet article du BMJ), il est intimement relié au produit intérieur brut par habitant. D'où cette remarque peu optimiste du Pr Rawlins : "aucun des médicaments que nous avons examinés ne serait considéré comme acceptable en Chine, en Inde, au Bengladesh, etc..."
Au passage, il affirme que, en matière de cancer, "la recherche sur l'efficacité clinique est en général plus faible que dans n'importe quel autre domaine de la médecine clinique. Nous acceptons des médicaments anti-cancer sur la base de preuves que nous trouverions inacceptables pour les maladies cardiovasculaires, bien que le pronostic pour ces maladies soit pire que pour le cancer."
Mais son propos central est d'ordre économique et, quelle que soit la procédure utilisée, une évaluation de NICE calcule le rapport entre, d'un côté, le prix du nouveau médicament et, de l'autre, l'amélioration de la qualité de vie qu'il apporte aux patients. Il reste ensuite à s'accorder sur le seuil à partir duquel ce rapport qualifie un médicament d'acceptable pour NICE... Si ce seuil est sujet à controverse au Royaume-Uni (voir cet article du BMJ), il est intimement relié au produit intérieur brut par habitant. D'où cette remarque peu optimiste du Pr Rawlins : "aucun des médicaments que nous avons examinés ne serait considéré comme acceptable en Chine, en Inde, au Bengladesh, etc..."