jeudi 10 mai 2007
Vaccin contre le HPV : nouvelles réponses, nouvelles questions
Le New England Journal of Medicine (NEJM) consacre une grande partie de son dernier numéro au vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) et, fait inhabituel, offre tous ses articles en libre accès intégral. Est-ce parce que, comme le rappellent les rédacteurs du NEJM, ce vaccin est "le premier qui ait été explicitement conçu pour prévenir un cancer induit par un virus (le vaccin contre l'hépatite B n'était pas initialement conçu dans ce but)"?
Le NEJM souligne que les conséquences de l'infection par le HPV sont un véritable problème de santé publique au niveau mondial : "274 000 décès annuels par cancer du col de l'utérus, 80% ont lieu dans les pays en développement, et cette proportion devrait atteindre 90% d'ici 2020", comme l'écrivent deux chercheuses, à la Bill and Melinda Gates Foundation et à l'Ecole de santé publique de Harvard. Si elles plaident en faveur d'une politique globale de diffusion d'un vaccin contre le HPV, elles identifient, "sans l'ombre d'un doute, son prix comme l'un des plus grands obstacles à son introduction" : selon leurs calculs, "le coût d'une dose devrait être d'environ 1 à 2 $ pour être à la fois coût-efficace et abordable dans les pays dont le produit intérieur brut par habitant est inférieur à 1000 $"; pour l'instant, le Gardasil de Merck coûte, aux Etats-Unis, 360 $ pour la série de trois doses recommandées...
Trois articles scientifiques constituent le noyau central du dossier publié par le NEJM : les deux premiers fournissent les résultats de l'étude FUTURE II, randomisée et en double aveugle, sur l'efficacité à 3 ans du Gardasil dans la prévention, pour l'un, des lésions de haut grade du col de l'utérus et, pour l'autre, des maladies anogénitales; le troisième porte sur le rôle du HPV dans la survenue de cancers oropharyngés (seul celui-ci est repris par le Washington Post).
Pour le Los Angeles Times (LAT), les résultats de l'étude FUTURE "suscitent de nouveaux doutes sur le vaccin" et "ce traitement tant vanté est peut-être moins efficace qu'on le pensait". Le quotidien cite le communiqué de Merck, le fabricant du Gardasil, affirmant que les résultats "montrent clairement que le vaccin prévient les infections contre les types 16 et 18 du HPV et réduit le nombre de lésions précancéreuses qu'il cause". Néanmoins, les éditorialistes du NEJM qualifient l'efficacité du Gardasil de "modeste" en la résumant ainsi : "il faudrait vacciner 129 femmes pour prévenir un cas de néoplasie intra-épithéliale du col de l'utérus (CIN) de grade 2 ou 3 ou d'adénocarcinome in situ pendant une période de trois ans. Si l'on ne prend comme variable que les CIN de grade 3 ou les adénocarcinomes in situ, les preuves sont insuffisantes pour en déduire l'efficacité de la vaccination."
Le quotidien californien, qui rappelle que Merck a financé l'étude FUTURE, cite un chercheur non impliqué dans ces travaux : "avec un suivi de trois ans, il est très difficile d'atteindre une signification statistique pour un processus qui, dans cette maladie, prend environ une décennie pour se développer complètement. Il n'est donc pas juste de prétendre que le vaccin n'est pas efficace. Il le sera, mais il faudra plus de temps pour que cette efficacité se matérialise".
En attendant, les éditorialistes du NEJM pointent un élément troublant qui, extrait de l'étude FUTURE, suggère "la possibilité que d'autres types oncogènes de HPV viennent occuper la niche écologique laissée vide par l'élimination des types 16 et 18." Selon leur conclusion, "la vaccination contre le HPV peut engendrer un puissant effet bénéfique sur la santé publique à condition que le scénario le plus optimiste en termes d'efficacité se réalise."
Le NEJM souligne que les conséquences de l'infection par le HPV sont un véritable problème de santé publique au niveau mondial : "274 000 décès annuels par cancer du col de l'utérus, 80% ont lieu dans les pays en développement, et cette proportion devrait atteindre 90% d'ici 2020", comme l'écrivent deux chercheuses, à la Bill and Melinda Gates Foundation et à l'Ecole de santé publique de Harvard. Si elles plaident en faveur d'une politique globale de diffusion d'un vaccin contre le HPV, elles identifient, "sans l'ombre d'un doute, son prix comme l'un des plus grands obstacles à son introduction" : selon leurs calculs, "le coût d'une dose devrait être d'environ 1 à 2 $ pour être à la fois coût-efficace et abordable dans les pays dont le produit intérieur brut par habitant est inférieur à 1000 $"; pour l'instant, le Gardasil de Merck coûte, aux Etats-Unis, 360 $ pour la série de trois doses recommandées...
Trois articles scientifiques constituent le noyau central du dossier publié par le NEJM : les deux premiers fournissent les résultats de l'étude FUTURE II, randomisée et en double aveugle, sur l'efficacité à 3 ans du Gardasil dans la prévention, pour l'un, des lésions de haut grade du col de l'utérus et, pour l'autre, des maladies anogénitales; le troisième porte sur le rôle du HPV dans la survenue de cancers oropharyngés (seul celui-ci est repris par le Washington Post).
Pour le Los Angeles Times (LAT), les résultats de l'étude FUTURE "suscitent de nouveaux doutes sur le vaccin" et "ce traitement tant vanté est peut-être moins efficace qu'on le pensait". Le quotidien cite le communiqué de Merck, le fabricant du Gardasil, affirmant que les résultats "montrent clairement que le vaccin prévient les infections contre les types 16 et 18 du HPV et réduit le nombre de lésions précancéreuses qu'il cause". Néanmoins, les éditorialistes du NEJM qualifient l'efficacité du Gardasil de "modeste" en la résumant ainsi : "il faudrait vacciner 129 femmes pour prévenir un cas de néoplasie intra-épithéliale du col de l'utérus (CIN) de grade 2 ou 3 ou d'adénocarcinome in situ pendant une période de trois ans. Si l'on ne prend comme variable que les CIN de grade 3 ou les adénocarcinomes in situ, les preuves sont insuffisantes pour en déduire l'efficacité de la vaccination."
Le quotidien californien, qui rappelle que Merck a financé l'étude FUTURE, cite un chercheur non impliqué dans ces travaux : "avec un suivi de trois ans, il est très difficile d'atteindre une signification statistique pour un processus qui, dans cette maladie, prend environ une décennie pour se développer complètement. Il n'est donc pas juste de prétendre que le vaccin n'est pas efficace. Il le sera, mais il faudra plus de temps pour que cette efficacité se matérialise".
En attendant, les éditorialistes du NEJM pointent un élément troublant qui, extrait de l'étude FUTURE, suggère "la possibilité que d'autres types oncogènes de HPV viennent occuper la niche écologique laissée vide par l'élimination des types 16 et 18." Selon leur conclusion, "la vaccination contre le HPV peut engendrer un puissant effet bénéfique sur la santé publique à condition que le scénario le plus optimiste en termes d'efficacité se réalise."