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- "Pour avoir une histoire familiale de cancer du sein, il faut déjà avoir une famille": interrogé par Reuters, l'auteur d'un article paru dans le Journal of the Americain Medical Association (JAMA) a le sens de la formule pour décrire le but de ses recherches... Il poursuit : "on demande souvent aux femmes chez lesquelles on diagnostique un cancer du sein si la maladie est présente dans leur famille; cette information sert ensuite à décider d'un éventuel test génétique pour déterminer si leur cancer est héréditaire." De fait, lorsqu'une femme est porteuse de certaines mutations du gène BRCA, on estime que "son risque de développer un deuxième cancer du sein est proche de 50% sur toute sa vie, et se situe entre 30 et 40% dans les 10 ans suivant le premier diagnostic. La plupart des modèles [de probabilité] ont été établis sur la base de grandes familles et de familles à cas multiples. Que fait-on pour ces femmes qui ont un cancer à un âge relativement jeune mais qui n'ont pas d'histoire familiale de cancer?" Avec son équipe californienne, Jeffrey Weitzel a étudié 306 cas de femmes dont le cancer du sein a été diagnostiqué avant 50 ans et qui ne connaissaient aucun parent de premier ou second degré ayant eu un cancer du sein ou des ovaires. Le New York Times résume les résultats de l'étude: "parmi les femmes dotées de nombreuses parentes, 5% portaient des mutations du gène BRCA. Mais, parmi celles ayant peu de soeurs ou de tantes de plus de 45 ans, 14% portaient des mutations BRCA1 ou BRCA2." L'auteur d'un éditorial du JAMA en tire une conséquence : "les femmes sans histoire familiale qui ont un cancer du sein avant 50 ans devraient se voir proposer un test génétique. Cela les aiderait à décider si elles doivent se faire enlever le sein non affecté ou les ovaires en prévention de nouveaux cancers." BBC News, qui relaie également l'information,termine son article par une citation d'une infirmière : "il faut se souvenir que seuls 5 à 10% des cancers du sein sont dûs à des facteurs héréditaires."
- Moins remarqué, un travail du même type, paru dans European Journal of Cancer et mené par une équipe norvégienne, montre également que, pour ce qui concerne l'épidémiologie génétique des mutations de BRCA, "l'histoire familiale détecte moins de 50% des porteurs de mutations."
- Mais les mutations de BRCA n'affectent pas que les femmes, comme l'explique un éditorial du Journal of the National Cancer Institute : "on sait que les hommes porteurs de mutations de BRCA2 sont à risque accru pour le cancer de la prostate." Parue dans le même numéro, une étude islandaise suggère ainsi que "les porteurs d'une certaine mutation sont diagnostiqués à un stade inhabituellement avancé de la maladie et que leur survie est faible". Mais, si l'éditorial pointe sa rigueur exceptionnelle, il décrit aussi les limites de l'étude, notamment le faible nombre de cas impliqués, et recommande d'attendre des confirmations ultérieures avant d'inciter les hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate à chercher à savoir s'ils sont ou non porteurs de cette mutation.
- Parallèlement, Cancer Research UK annonce que, selon un article paru dans Cell, "un nouveau gène joue un rôle crucial dans la formation tumorale des cancers du sein". Nommé IKBKE, "ce gène ne se transmet pas de façon héréditaire comme les gènes BRCA1 et BRCA2: la mutation apparaît au cours de la vie d'une femme et engendre la surproduction de la protéine IKBKE, ce qui conduit à la croissance des cellules et à leur production."