mercredi 25 juillet 2007
Cancer du sein : baisse de l'incidence aux Etats-Unis (suite)
Dans le Journal of the National Cancer Institute (JNCI), des épidémiologistes examinent à nouveau (voir ce billet) "l'incidence du cancer du sein entre 1980 et 2006 et les rôles combinés des traitements hormonaux de la ménopause, des mammographies de dépistage et du statut des récepteurs aux estrogènes". La population étudiée est restreinte à une région du nord-ouest des Etats-Unis (7386 cas de cancer du sein invasif sur la période), mais les données sont bien documentées : en conclusion, les auteurs écrivent que, "de 1980 à 2006, les évolutions qualitatives et quantitatives des taux d'incidence du cancer du sein, particulièrement pour les tumeurs HER2+, sont parallèles aux modifications majeures en matière de mammographies de dépistage et d'usage des traitements hormonaux de la ménopause."
Un éditorial précise l'interprétation qu'il faut donner à l'adjectif "parallèle" : "le seul facteur connu qui semble expliquer la baisse précipitée de l'incidence est la diminution abrupte de l'usage des traitements hormonaux de la ménopause." Son auteur se risque à avancer une explication biologique : "l'arrêt de ces traitements élimine le combustible qui alimentait la croissance de certaines tumeurs." Il pose également la question essentielle : quel sera l'effet d'une telle baisse de l'incidence sur la mortalité? Et, s'il prend la précaution de dire qu'on n'en sait encore rien, il prend le pari que cet effet sera minime, voire nul. Pourquoi? Parce que, avance-t-il, "ces mêmes tumeurs dont l'incidence clinique décroît grâce à l'arrêt des traitements hormonaux de la ménopause sont précisément celles qu'on sait traiter avec succès et donc celles qui ont le moins de chance de causer des décès liés au cancer du sein."
Curieusement, dans le même numéro du JNCI, un article d'auteurs néerlandais décrit une expérience qui, si elle était généralisée, ferait mécaniquement augmenter l'incidence du cancer du sein. Ils montrent en effet qu'il suffit de compléter la double lecture des radiologues par une double lecture indépendante, réalisée par des techniciens, pour augmenter le taux de détection de 6,8%, passant de 5,27 à 5,63 cancers pour mille femmes dépistées. Dans un éditorial, deux auteurs américains passent en revue les implications de cet article et expliquent qu'"en finale, décider du nombre de lectures nécessaires pour interpréter une mammographie dépendra du nombre de lecteurs disponibles et des critères que nous voulons atteindre."
Un éditorial précise l'interprétation qu'il faut donner à l'adjectif "parallèle" : "le seul facteur connu qui semble expliquer la baisse précipitée de l'incidence est la diminution abrupte de l'usage des traitements hormonaux de la ménopause." Son auteur se risque à avancer une explication biologique : "l'arrêt de ces traitements élimine le combustible qui alimentait la croissance de certaines tumeurs." Il pose également la question essentielle : quel sera l'effet d'une telle baisse de l'incidence sur la mortalité? Et, s'il prend la précaution de dire qu'on n'en sait encore rien, il prend le pari que cet effet sera minime, voire nul. Pourquoi? Parce que, avance-t-il, "ces mêmes tumeurs dont l'incidence clinique décroît grâce à l'arrêt des traitements hormonaux de la ménopause sont précisément celles qu'on sait traiter avec succès et donc celles qui ont le moins de chance de causer des décès liés au cancer du sein."
Curieusement, dans le même numéro du JNCI, un article d'auteurs néerlandais décrit une expérience qui, si elle était généralisée, ferait mécaniquement augmenter l'incidence du cancer du sein. Ils montrent en effet qu'il suffit de compléter la double lecture des radiologues par une double lecture indépendante, réalisée par des techniciens, pour augmenter le taux de détection de 6,8%, passant de 5,27 à 5,63 cancers pour mille femmes dépistées. Dans un éditorial, deux auteurs américains passent en revue les implications de cet article et expliquent qu'"en finale, décider du nombre de lectures nécessaires pour interpréter une mammographie dépendra du nombre de lecteurs disponibles et des critères que nous voulons atteindre."