mardi 23 octobre 2007

Cancer du sein : un nombre croissant de mastectomies bilatérales

"Les patientes disent qu'elles ne veulent plus en entendre parler; elles ne veulent tout simplement plus d'autres mammographies, plus jamais d'autres biopsies": dans le New York Times (NYT), le chirurgien Todd Tuttle explique les motivations de ces femmes américaines, de plus en plus nombreuses, qui, après le diagnostic d'un cancer du sein, décident de faire pratiquer une mastectomie bilatérale. Tuttle est l'auteur principal d'une étude (1), publiée en ligne par le Journal of Clinical Oncology (JCO), qui montre ainsi l'augmentation spectaculaire du taux de cette opération d'ablation des deux seins chez les femmes pour lesquelles, auparavant, on ne pratiquait généralement que l'ablation du sein affecté: de 4,2% en 1998, ce taux atteignait 11% en 2003 aux Etats-Unis.
Dans le Los Angeles Times, une porte-parole de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) interprète cette évolution : "si les femmes prennent une telle décision par crainte et qu'elles pensent que cela augmentera leur survie, alors cela devrait nous préoccuper. Mais si elles comprennent que cela n'améliorera pas nécessairement leur survie et qu'elles estiment que, d'un point de vue émotionnel, c'est pour elles la meilleure chose à faire, alors nous devrions les soutenir." Pour un autre médecin, "cette tendance est alarmante parce que le but de la médecine est d'aider les gens à bien vivre avec leurs organes". De plus, poursuit-il, "cet article ne dit rien du coût de tout cela. or, une mastectomie et la reconstruction du second sein coûtent entre dix mille et trente mille dollars. Pour la société, le coût est très significatif."
La conclusion de l'article du NYT note qu'il existe d'autres options pour réduire le risque d'un nouveau cancer du sein, par exemple la prise de tamoxifène pour un certain type de cancer ou l'usage d'IRM de meilleure sensibilité en détection précoce: dans ce domaine, Technology Review signale un développement prometteur, tandis que, dans la même livraison en ligne du JCO, on trouve la publication (2) des recommandations de l'ASCO en matière d'usage des marqueurs tumoraux dans le cancer du sein, notamment à des fins de surveillance des patientes...
Pour avoir le point de vue d'une patiente, on lira avec intérêt la seconde partie de l'article écrit par Christa D'Souza dans le Telegraph (voir ce billet, hier).

(1) 10.1200/JCO.2007.12.3141
(2) 10.1200/JCO.2007.14.2364