lundi 15 octobre 2007

Mortalité par cancer : aux Etat-Unis, la baisse s'accélère

Dans Cancer, les principaux organismes américains impliqués dans l'épidémiologie du cancer publient leur "Rapport annuel à la nation sur l'état du cancer, 1975-2004". Les communiqués de presse de l'American Cancer Society (ACS) et du National Cancer Institute mettent tous deux en avant le même fait: "les taux de mortalité par cancer ont diminué de 2,1% par an entre 2002 et 2004, soit presque le double du taux de diminution annuelle observé entre 1993 et 2002 (1,1%)."
Pour les hommes, les taux de mortalité baissent pour la plupart des cancers, à l'exception des cancers du foie et de l'oesophage. Pour les femmes, la mortalité par cancer du poumon est encore en augmentation, mais plus faiblement que par le passé. Selon une représentante de l'ACS interrogée par le New-York Times, "ces chiffres nous montrent que l'épidémie du cancer du poumon chez les femmes a atteint un pic, et nous espérons bientôt voir la courbe s'inverser."
En termes d'incidence, l'évolution est également favorable puisque le taux global est en légère diminution. Selon le sexe et la pathologie, le tableau est plus contrasté:
  • Pour les hommes, les taux d'incidence pour tous les cancers ont diminué de 4,3% entre 1992 et 1995, puis se sont stabilisés entre 1995 et 2004. Cependant, les taux d'incidence du myélome et des cancers du foie, du rein et de l'oesophage ont continué à augmenter jusqu'en 2004;
  • Pour les femmes, les taux d'incidence pour tous les cancers se sont stabilisés entre 1999 et 2004 après des années d'augmentation. Quoi qu'il en soit, les taux pour les lymphomes non hodgkiniens, les mélanomes, les leucémies et les cancers de la vessie et du rein n'ont cessé d'augmenter pendant 29 ans. Les taux d'incidence du cancer de la thyroïde croissent depuis 1980.
  • Pour les femmes, les taux d'incidence du cancer du poumon se sont stabilisés entre 1998 et 2004 après une longue période d'augmentation. Dans le cas de ce cancer, les taux d'incidence reflètent avec plusieurs années de retard les pratiques de tabagisme.
  • Pour les hommes, le taux d'incidence du cancer du poumon a baissé de 1,8% par an entre 1991 et 2004.
  • Les taux d'incidence du cancer colorectal ont diminué de plus de 2% par an pour les femmes et les hommes, probablement grâce à la prévention réalisée en ôtant des polypes précancéreux.
Pour rendre compte de ce rapport, Associated Press choisit de mettre en avant la baisse la plus spectaculaire, celle du cancer colorectal : "les taux de mortalité diminuent plus rapidement que pour les autres localisations, près de 5% par an pour les hommes, 4,5% par an pour les femmes." Une porte-parole de l'ACS rappelle qu'avec un meilleur taux de dépistage de ce cancer (actuellement 50%), "on observerait un impact encore beaucoup plus fort." Un gastroentérologue souligne le rôle des nouveaux traitements dans la baisse de la mortalité et explique que "les cabinets de ses collègues, aux Etats-Unis et dans le monde, sont plus remplis que jamais parce que nos patients s'en sortent de mieux en mieux."
Interrogée par Reuters, la présidence de l'American Society of Clinical Oncology estime que ces chifres montrent que "l'investissement de long terme dans la recherche sur le cancer finit par payer." Mais elle déplore que, aux Etats-Unis, "les budgets de recherche contre le cancer, ajustés sur l'inflation, aient diminué de 12% depuis 2004."
Enfin, le rapport consacre un développement particulier aux "populations indiennes-américaines et indigènes d'Alaska." Les chiffres montrent d'importantes disparités régionales et, pour l'ACS, permettent de pointer des problèmes d'accès aux soins...

10.1002/cncr.23044