mercredi 24 octobre 2007

"Le combat des irradiés d'Epinal" (suite)

Après Le Monde (voir ce billet), c'est au tour de Paris Match de donner la parole au président de l'association des victimes de l'accident d'Epinal : "le secret, ce manque d'information, c'est terrible. On a l'impression d'avoir un Tchernobyl dans le ventre. Au début, je n'osais même pas prendre mon petit-fils sur les genoux." Dans un encadré, l'hebdomadaire révèle que "les deux juges chargés de l'affaire ont découvert que des pièces prouvant la responsabilité des deux médecins et du radiophysicien étaient mystérieusement introuvables à l'hôpital d'Epinal." Par ailleurs, une explication de l'erreur de dosage est fournie : "au radiothérapeute de prescrire la dose, au radiophysicien de la calculer. Pour cela, le Dr Anah avait écrit un programme informatique alors que le calcul peut se faire à la main. Le spécialiste avait tout simplement oublié d'intégrer un facteur; alors, l'erreur s'est reproduite à chaque traitement. En 2000, l'équipe s'aperçoit de sa faute, refait ses calculs mais ne rappelle aucun de ses patients."
Au même moment, une équipe de chercheurs français publie, dans Risk Research, un article (1) plaidant pour une nouvelle approche en matière de gestion des risques technologiques : "selon les progrès de la recherche dans divers domaines, il semble que les hypothèses à la base des politiques de sécurité soient fondamentalement viciées. De manière radicale, il s'agit de reconnaître que les erreurs et les pannes font partie inhérente du fonctionnement usuel des systèmes socio-techniques, qui sont "naturellement" des systèmes instables." Si ce type d'analyse "ouvre des perspectives très stimulantes pour la recherche", les auteurs reconnaissent qu'il "faut sérieusement prendre en compte la question de leur acceptabilité sociale et politique."

(1)
DOI: 10.1080/13669870701504764