jeudi 18 mars 2010

Questions de médecine personnalisée

  • Dans le New England Journal of Medicine, deux éditorialistes néerlandais décryptent une étude qui, selon eux, représente "un petit pas vers la prédiction personnalisée du risque de cancer du sein." Réalisée par une équipe internationale, cette étude visait à déterminer si "des variants génétiques, récemment identifiés par les études d'association sur le génome entier, permettraient d'améliorer le pouvoir prédictif des modèles actuels d'évaluation du risque de cancer du sein." Les éditorialistes en résument la conclusion: "l'ajout de 10 polymorphismes à simple nucléotide (SNP) n'a que modestement amélioré le pouvoir de prédiction et de discrimination du modèle de Gail". S'ils considèrent que "la déception des auteurs est un peu prématurée", ils affirment que, "pour les femmes cherchant un conseil sur leur risque personnel de cancer du sein, il est évidemment trop tôt pour incorporer les tests de SNP dans une procédure de conseil génétique, bien que ces tests fassent déjà l'objet d'offres commerciales sur Internet" (voir aussi le communiqué du National Cancer Institute et Reuters).
  • Dans le Journal of Clinical Oncology, deux éditorialistes espagnols rebondissent sur une étude de chercheurs suédois et islandais qui, "grâce au profilage moléculaire, ont cherché à corréler l'hétérogénéité génétique des tumeurs du sein HER2+ avec le devenir clinique." Les éditorialistes se demandent si, "après l'analyse de ces résultats, nous sommes prêts à utiliser la signature génétique identifiée dans la prise en charge des cancers du sein HER2+." Pour eux, "la réponse est clairement négative, au moins pour le moment." Et ils affirment en conclusion que, "si cette signature n'est pas encore prête pour la pratique clinique quotidienne, elle sera probablement bientôt un outil important dans le soin des patientes atteintes d'un cancer du sein HER2+."
  • Portant sur un sujet similaire dans le cancer du poumon, une revue de la littérature paraît dans le Journal of the National Cancer Institute. Elle conclut sur "l'insuffisance de preuves en faveur d'une application clinique des signatures publiées" (voir le résumé pour les médias).
  • Dans Personalized Medicine, deux auteurs chinois passent en revue "les principales avancées cliniques dans le traitement personnalisé du cancer en 2009" (article en libre accès), tandis qu'un auteur grec s'interroge sur "la médecine des systèmes : une véritable approche pour une future oncologie personnalisée?" (article en libre accès également).