vendredi 27 avril 2007

Le dosage du PSA bientôt remplacé?

"Chacun sait que le PSA [antigène spécifique de la prostate] est un marqueur défectueux", explique au Los Angeles Times un urologue en réaction à une publication, dans Urology, qui aurait démontré la supériorité d'un nouveau marqueur sanguin dans la détection des tumeurs de la prostate. Selon le Washington Post, "le PSA est une substance normalement produite par la prostate, tandis que la protéine étudiée, dite EPCA-2, est principalement fabriquée dans les tissus cancéreux [...] Aujourd'hui, environ 80% des biopsies de prostate ne trouvent aucune tumeur, un pourcentage qui ne cesse d'augmenter en conséquence de la recherche effrénée de la maladie par les médecins." L'article précise que le nouveau test, beaucoup plus spécifique, est développé par des chercheurs de l'hôpital Johns Hopkins et de la société Onconome Inc., basée à Seattle, et qu'il "pourrait entrer sur le marché en 2008." Pas si vite, s'insurge Dr Len, le blogueur de l'American Cancer Society! Dans un long billet, il analyse l'article d'Urology, insiste sur son caractère expérimental et préliminaire, précise que d'autres protéines font l'objet de développements similaires et, surtout, rappelle qu'on a déjà connu, à plusieurs reprises, un battage médiatique sur ce type de sujet... Selon le Dr Len, EPCA-2 sera peut-être le bon marqueur du cancer de la prostate, mais, avant de l'affirmer, il lui faut subir l'épreuve de la vie réelle, avec des milliers de patients, et l'histoire montre que cette épreuve est souvent cruelle.
Au passage, Dr Len rappelle le statut controversé du test actuel : "de nombreux experts ne sont toujours pas convaincus que le recours au test PSA est responsable d'une réduction de la mortalité par cancer de la prostate. Même si d'autres scientifiques, d'un niveau équivalent d'expertise, pensent depuis longtemps que le test PSA est bien le premier responsable de la baisse, observée au cours de la dernière décennie, des décès dus à cette maladie."