mardi 15 mai 2007

Cancer du sein : baisse de l'incidence aux Etats-Unis (suite)

Docteur Len, le blogueur de l'American Cancer Society, réagit à son tour (voir ce billet) à l'étude, parue dans Cancer, sur la diminution du nombre de mammographies aux Etats-Unis. Au milieu d'un long billet, qui récapitule les diverses publications de ces derniers mois (voir aussi ce billet), il avance une intéressante hypothèse explicative. Oui, les traitements hormonaux substitutifs (THS) sont bien l'élément clé du phénomène, mais leur rôle est davantage de nature sociologique que biologique. Selon le Dr Len, les femmes qui, à partir de 2002, ont arrêté leurs THS ont cessé de voir leur gynécologue régulièrement. Or, "si on ne voit plus son médecin, on n'entend plus de recommandation pour une mammographie de dépistage." Cette hypothèse a le mérite d'expliquer pourquoi la baisse du taux de mammographies est la plus spectaculaire dans la tranche d'âge des 50-64 ans, alors que, "entre 40 et 49 ans, les femmes continuent probablement de voir leur gynécologue tous les ans pour une prescription de pilule contraceptive ou de frottis."
Cette hypothèse n'est pas reprise par l'éditorial que le New York Times consacre à ce sujet. En revanche, le ton inquiet du quotidien reflète l'opinion du blogueur sur les conséquences du phénomène : "cette crise va nous mener dans les prochaines années à une fréquence accrue du nombre de diagnostics de cancer du sein à un stade avancé, ce qui se traduira par une augmentation du nombre de décès dus à cette maladie."