lundi 21 mai 2007

Fatalisme?

Dans Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention, un article rend compte d'une enquête téléphonique menée auprès de plus de 6000 adultes américains sur leur attitude face à la prévention du cancer:
  • 47% ont déclaré être d'accord avec cette affirmation : "quasiment n'importe quoi semble causer le cancer";
  • 27% ont déclaré être d'accord avec cette affirmation : "les gens ne peuvent pas faire grand chose pour diminuer leurs risques d'avoir un cancer";
  • 71,5% ont déclaré être d'accord avec cette affirmation : "il y a tellement de recommandations sur la prévention du cancer, il est difficile de savoir lesquelles il faut suivre".
Pour les auteurs, l'ensemble de leurs résultats "a des implications notables pour les efforts futurs en matière de communication et d'éducation sur le cancer." La revendication est partagée par les auteurs d'un long article (en libre accès) qui, dans CA: A Cancer Journal for Clinicians, tire "les leçons de la psychologie de la perception des risques pour la communication sur le cancer et l'évitement des risques." Interrogé par HealthDay News, un hématologue résume le propos : "c'est un article compliqué qui, en vingt pages, explique que, fondamentalement, nous sommes humains. Nous ne pouvons pas faire de l'évaluation des risques comme un ordinateur ou un actuaire professionnel."
Dans Social Science & Medicine, une équipe britannique éclaire "le point de vue des patients en matière d'information et de choix pour le dépistage du cancer". Les résultats de leur enquête suggèrent que "les gens ordinaires ne définissent et ne conceptualisent pas comme les décideurs ce qu'on appelle le choix informé." Fournir des informations sur la maladie serait par ailleurs aussi important qu'offrir des informations sur les risques et les limites du dépistage. Cependant, "tout cela n'entraîne pas nécessairement un choix informé, parce que les gens peuvent ne pas lire, désirer lire ou comprendre les informations fournies et, de plus, ils ne sont peut-être pas capables de mener à terme leur choix initial." En bref, "le terme "choix informé" n'est peut-être pas très utile dans ce contexte"...