mardi 5 juin 2007

Echos de l'ASCO (suite)

Pour son deuxième jour au méga-congrès de l'ASCO, Dr. Len, le blogueur de l'American Cancer Society, a choisi de mettre en avant une présentation qui "discute l'efficacité d'un médicament de thérapie ciblée, administré par voie orale, le sorafenib (Nevaxar), dans le traitement du cancer primaire du foie". A l'instar du New York Times, du blogueur du Wall Street Journal (WSJ) et du Cancérologue allègre, il explique que "ce rapport est important parce que, jusqu'à présent, il n'y avait aucun agent de chimiothérapie efficace pour traiter ce type de cancer." En résumé, "pour les patients ayant pris du sorafenib, il a fallu attendre 5,5 mois avant d'observer les signes de la progression de la maladie; pour ceux qui avaient reçu un placebo, ce délai n'était que de 2,8 mois". Len tire trois leçons : 1/ l'histoire des progrès dans les traitements du cancer se déroule beaucoup plus souvent par petits sauts que par des gains spectaculaires; 2/ le fait que l'essai du sorafenib ait été mené contre un placabo est très rare; 3/ dus en partie aux infections par l'hépatite B ou C, les cancers primaires du foie affectent en priorité les pays en développement, mais le sorafenib est cher et probablement hors d'atteinte pour ceux qui en ont le plus besoin.
Cette question de "la viabilité économique des systèmes de financement" est également retenue par les envoyés spéciaux de Destination Santé, qui se demandent si "nous aurons toujours les moyens de régler l'addition du cancer?"
Du côté de Scientific American, on s'est intéressé à "une étude montrant que des variations dans les gènes de patients japonais et americains atteints d'un cancer du poumon peuvent contribuent à la façon dont leur maladie répond à la chimiothérapie". Son principal auteur explique que "l'ADN de l'hôte est aussi important que l'ADN de la tumeur pour déterminer quel type de traitement a le plus de chances de réussite", et prédit que "le dépistage génétique pourrait bien devenir la norme dans les traitements des cancers du poumon."
Pour le Guardian, c'est l'usage de l'Herceptin qui a retenu l'intérêt : "dans le plus long essai du médicament pour le cancer du sein, d'une durée de cinq ans, il n'y a pas d'augmentation du risque de problème cardiaque chez les femmes traitées." Lorsqu'il existe, cet effet indésirable se manifeste au début du traitement : "les femmes sont ou ne sont pas à risque, les doses du médicament accumulées au cours du temps n'y changent rien."
Enfin, après avoir signalé deux études, l'une sur l'Avastin dans le cancer du rein et l'autre sur la thalidomide dans le myélome multiple, le blogueur du WSJ entraîne ses lecteurs dans une visite ironique des stands de Bayer, Pfizer, Merck, etc...