mercredi 6 juin 2007

Echos de l'ASCO (suite)

Dans son premier billet, Dr. Len, le blogueur de l'American Cancer Society, écrivait " n'avoir pas encore trouvé ce qui pourrait faire événement cette année". En réalité, il n'avait pas osé écrire sur un sujet qui, en coulisses, alimentait les conversations... par peur qu'on exerce sur lui des mesures de rétorsion. Dans son dernier billet, il brise son autocensure et revient longuement sur cette affaire. En bref, deux spécialistes du cancer de la prostate ont reçu des menaces sur leur vie parce qu'ils avaient exprimé une opinion négative sur le Provenge, un vaccin thérapeutique testé pour lutter contre le cancer de la prostate à un stade avancé. Des gardes du corps leur ont été affectés pour la durée du congrès de l'ASCO...
Dans ce fait divers, Len identifie une dérive du mouvement, inévitable, de "
démocratisation de l'information" et, en son nom et pour ses collègues, souhaite que, dorénavant, "la peur et l'intimidation ne nous incitent pas à restreindre notre expression quand il s'agit de légitimes questions scientifiques."
La chimiothérapie du cancer primitif du foie continue de retenir l'attention: l'envoyé spécial du Monde estime que, "pour ne pas être mirobolants, ces résultats sont néanmoins remarquables pour ce cancer si difficile à traiter", et, sur le blog du Wall Street Journal (WSJ), une vidéo offre à l'auteur principal de l'étude la chance de s'exprimer en 3 minutes.
Repéré par un blog d'économistes américains, un article du WSJ donne également la chance au patron de Genentech, l'entreprise star des biotechnologies, de s'expliquer sur les coûts de ses anticancéreux (Avastin et Herceptin, notamment). Arthur Levinson a fait ses calculs et s'étonne : "notre pays dépense 1/800ème de son PIB en médicaments pour lutter contre la principale cause de décès. Et on nous dit que les anticancéreux mettent l'Amérique en faillite!"