vendredi 14 septembre 2007

Controverse génétique

En octobre dernier, Science publiait un article qui, signé par une vaste équipe de chercheurs américains, annonçait l'identification d'altérations génétiques dans le cancer du sein et le cancer colorectal : "nous avons identifié 189 gènes mutés avec une fréquence significative. Dans leur grande majorité, ils ne faisaient pas partie du répertoire connu des altérations génétiques dans les tumeurs..."
Cette semaine, Science publie un violent échange d'arguments sur ces résultats. Trois critiques sont adressées aux auteurs. Dans un premier article, deux chercheurs de Genentech pointent un problème statistique et affirment que, en utilisant une méthode plus appropriée, on trouve beaucoup moins de gènes mutés. Signé notamment par Eric Lander, le directeur du Broad Institute, un deuxième article complète la critique statistique et explique que, "si la méthodologie biologique est solide, il faudrait analyser davantage d'échantillons pour atteindre un pouvoir statistique suffisant." De façon plus radicale encore, les auteurs du troisième article écrivent, après leur propre analyse, que, "parmi les gènes identifiés, il y en a peu, voire très peu, qui ont des taux de mutations significativement élevés."
Dans leur réponse, les auteurs de l'étude initiale contre-attaquent : "les conclusions [de nos confrères] sont erronées parce qu'elles sont fondées sur des analyses qui ne prennent pas totalement en compte la conception de notre expérience et d'autres aspects essentiels de notre étude. Quand ces facteurs sont incorporés, leurs méthodes fournissent des estimations qui sont similaires à celles que nous avions décrites." A suivre...