mercredi 12 septembre 2007

Prévenir le cancer de la prostate?

"La prévention chimique du cancer de la prostate est un but aussi louable que souhaitable. Une stratégie possible consiste à utiliser des inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, comme le finastéride ou le dutastéride. [...] Le finastéride est le seul à avoir démontré, dans un essai clinique prospectif à long terme, qu'il diminuait l'incidence du cancer de la prostate. Cependant, il n'a pas été adopté dans les pratiques cliniques": comme l'explique un éditorial du Journal of the National Cancer Institute, deux études susceptibles de modifier les pratiques paraissent dans le même numéro.
Les réticences des urologues étaient fondées sur des résultats du Prostate Cancer Prevention Trial (PCPT), publiés en 2003, qui suggéraient que la réduction de l'incidence s'accompagnait d'une légère augmentation des cancers de haut grade. Or, la première étude du JNCI montre, de façon indirecte, que "le finastéride n'induit pas des modifications histomorphologiques dans les carcinomes prostatiques" tandis que la seconde "suggère fortement qu'un biais de détection a joué un rôle important" dans les résultats de 2003. En résumé, les éditorialistes, qui déclarent tous deux être rémunérés par GlaxoSmithKline, estiment que ces études sont rassurantes: "la plus forte proportion de cancer de haut grade détectée par biopsie dans le PCPT n'a probablement aucune pertinence d'un point de vue clinique."