vendredi 12 octobre 2007

Dépistage du cancer du sein: quelle information?

Dans le British Medical Journal, un éditorial plaide pour que, en matière de mammographies de dépistage, "les femmes soient incitées à décider ce qui est bon pour elles, plutôt qu'on leur dise ce qu'elles doivent faire." Selon les deux auteurs américains, la nature du débat a changé depuis dix ans. Aujourd'hui, comme le suggèrent les dernières recommandations édictées par l'American College of Physicians, "la plus grande société de spécialité médicale aux Etats-Unis", on reconnaît que la dépistage n'a pas que des effets positifs :"certaines femmes en bénéficieront (en évitant une mort par cancer du sein), mais du tort sera fait à d'autres. La prochaine étape consiste à faire en sorte que les femmes comprennent ce qui peut leur arriver si elles se rendent ou pas à un examen de dépistage."
Les auteurs dressent ainsi un tableau chiffré des bénéfices et risques attendus d'un dépistage pour les femmes entre 40 et 49 ans et les femmes entre 50 et 69 ans. Ces chiffres sont évidemment sujets à discussion, mais le propos des auteurs est de fournir des ordres de grandeur et de les expliciter sous différentes formes compréhensibles par des patientes. Par exemple, ils indiquent que "le dépistage chez les femmes de plus de 50 ans améliore la chance de ne pas mourir d'un cancer dans les dix prochaines années de 991/1000 à 994/1000." Par ailleurs, ils décrivent les risques du dépistage liés aux faux positifs et au surdiagnostic, "un phénomène contre-intuitif". Ainsi, selon leurs chiffres, le risque qu'une patiente "ait au moins un examen de dépistage faussement positif entraînant un diagnostic et des traitements inutiles" est, dans la tranche d'âge 50-69 ans, compris entre 3 et 9 pour 1000.

doi:10.1136/bmj.39350.590625.80