jeudi 18 octobre 2007

"Un sens commun pour nos génomes"

"Il reste à déterminer si la connaissance de nos génomes nous apprendra autre chose que la nécessité d'utiliser des écrans solaires, de mieux manger et de faire plus d'exercice physique": Sydney Brenner, prix Nobel 2002, ne manie pas la langue de bois dans un article (1) de Nature. Alors que, dans le même numéro, est publiée (2) la phase II du projet HapMap, qui caractérise plus de 3,1 millions de polymorphismes de nucléotide simple (SNP) à partir du génome de 270 individus, Brenner ne se satisfait pas de la situation actuelle. Il plaide ainsi pour la mise sur pied d'un ambitieux projet, collaboratif et ouvert, "Genome Commons", qui, "à terme, permettrait de faire un usage efficace de l'abondance d'informations disponibles, et nous aiderait à dresser des priorités en termes de comportements et de thérapeutiques pour que nos vies soient agréables et productives."
Au sommaire de ce numéro de Nature, on trouve également une enquête (3) sur les difficultés auxquelles font face les chercheurs et les industriels pour valider des biomarqueurs dans le domaine du cancer. Une experte de Cancer Research UK remarque notamment que "les étapes séparant la découverte de biomarqueurs et la clinique sont négligées par les agences de financement et, donc, n'attirent pas les chercheurs." Le responsable d'une société néerlandaise, Agendia, qui a développé "le premier test multi-gènes de pronostic de récidive du cancer du sein", s'avoue quant à lui déçu par le peu d'intérêt que son produit suscite de la part des grandes firmes pharmaceutiques.
La semaine précédente, un article du Journal of the American Medical Association témoignait également d'un certain scepticisme vis-à-vis de "la médecine personnalisée à l'ère de la génomique"...

(1) doi:10.1038/449783a
(2)
doi:10.1038/nature06258
(3)
doi:10.1038/449770a