jeudi 19 juillet 2007

Génomique : la ruée vers l'or (suite)

"Dans l'histoire de la recherche médicale, il y a peu d'exemples de telles découvertes en rafale, si tant est qu'il y en ait": à son tour (voir ce billet hier), le New England Journal of Medicine (NEJM) s'intéresse aux enjeux des "études d'association sur l'ensemble du génome" qui, en ce moment, commencent à fleurir dans les journaux scientifiques et médicaux. A l'occasion de la publication d'une telle étude sur le risque coronarien, accompagnée d'un éditorial, un article de "Perspective" traite des questions statistiques que suscitent ces études. Sous le titre "S'abreuver à une lance à incendie", deux auteurs de la Harvard School of Public Health pointent, au-delà des seuils de signification statistique exigés pour chaque étude, la nécessité "d'études de réplication robustes qui devront permettre d'identifier les résultats vraiment positifs et d'éliminer les faux positifs." Pour faciliter cette tâche, ils appellent à ce que les données brutes soient rendues publiques et partagées, à l'instar des procédures mises en place par le projet des Marqueurs génétiques de susceptibilité au cancer du National Cancer Institute (voir leur site).
Enfin, la rédaction-en-chef du NEJM explique pourquoi elle choisit de publier de telles études "qui n'auront probablement pas d'influence sur la pratique clinique dans les prochaines semaines, les prochains mois, voire les prochaines années." Grâce à des "commentaires", elle s'engage à éclairer ses lecteurs "parce que les liens entre les résultats de ces études et la biologie des maladies semblent encore obscurs".