vendredi 7 septembre 2007
Protocoles compassionnels : oui ou non?
Lorsque que tous les traitements autorisés ont échoué, les patients proches de la mort devraient-ils avoir libre accès aux traitements expérimentaux? La question est d'actualité aux Etats-Unis depuis que, à la fin de l'année dernière, la Food and Drug Administration a proposé de modifier ses règles en vigueur (voir aussi ce billet). Dans le British Medical Journal, deux auteurs s'opposent sur ce sujet. Pour Emil Freireich, professeur de médecine au Centre de lutte contre le cancer MD Anderson, Texas, "les patients qui sont atteints d'un cancer à un stade avancé et ont une espérance de vie limitée devraient bénéficier des mêmes privilèges que tous les individus dans une société libre, c'est-à-dire du choix de décider pour eux-mêmes de leur rapport bénéfices/risques." Dean Gesme, cancérologue à Minneapolis, n'est pas d'accord. Il craint notamment que, "en entretenant de faux espoirs dans des médicaments à l'efficacité non prouvée, on fragilise le système des essais cliniques" et, ainsi, qu'on voit se reproduire la "tragédie" des transplantations de moëlle osseuse dans le traitement du cancer du sein (voir ce billet). Selon lui, "si tous les médecins rêvent d'un traitement miracle pour leurs patients en phase terminale, ils doivent accepter le devoir et la responsabilité de respecter les principes de la médecine fondée sur les preuves, ainsi que les préceptes de soins appropriés pour la fin de vie."