mardi 21 août 2007

IRM et cancer du sein (suite)

Faut-il faire appel à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour le dépistage du cancer du sein? Après d'autres publications (voir ce billet), une étude allemande, publiée dans The Lancet, vient à son tour apporter de l'eau à ce moulin controversé.
Elle est décryptée par Dr. Len, le blogueur de l'American Cancer Society: "la théorie sous-jacente à cette étude est que nous appliquons de mauvais critères pour le dépistage par IRM des cancers du sein précoces et non invasifs, ce qu'on appelle les carcinomes canalaires in situ (CCIS)." Les mammographies détectent des calcifications, qui sont en fait des débris de cellules cancéreuses mortes, alors que, selon les chercheurs allemands, il vaudrait mieux détecter la formation de vaisseaux sanguins, ce que permet l'IRM : "en appliquant ces critères dans une étude où les femmes ont subi à la fois une mammographie et un IRM -et où les radiologues lisant un film ne connaissaient pas les résultats de l'autre lecture-, les médecins ont été capables de trouver plus de lésions CCIS avec l'IRM qu'avec la mammographie."
Cependant, comme son confrère blogueur Orac, le Dr. Len souligne la prudence des auteurs de l'étude qui, issus d'un centre reconnu pour sa grande qualité, écrivent eux-mêmes qu'"à l'heure actuelle, peu de radiologues ont, en matière d'IRM, un niveau d'expertise qui s'approche de celui requis pour la mammographie de diagnostic [...] Il est donc improbable que nos résultats puissent être reproduits dans un service local d'imagerie du sein." Seul un essai clinique de grande ampleur, en situation réelle, permettra -éventuellement- de clore la controverse...