vendredi 2 avril 2010

Controverses

  • Au sein d'un dossier consacré au 10ème anniversaire de la publication de la séquence du génome humain (voir l'éditorial), Nature met en scène une controverse : dans un premier article, Robert Weinberg explique que "le retour sur investissement, en temps et en argent, des études de génomique du cancer est faible et que cette approche sape des modes éprouvés de faire de la recherche et de construire la science"; Tood Golub lui répond en affirmant que "les grandes études génomiques non biaisées orientent la recherche sur les traitements du cancer dans des directions qui n'auraient jamais pu être prévues par la biologie moléculaire traditionnelle" (articles en libre accès).
  • Le British Medical Journal a demandé à deux auteurs de répondre à cette question : "la génétique moderne est-elle une impasse?" Pour le premier, "la recherche en génétique n'a pas encore eu l'impact promis sur la pratique médicale, et elle ne l'aura jamais" tandis que le second "pense qu'elle a déjà un impact et que ce n'est qu'un début" (voir aussi, dans The Lancet, cette critique acerbe du dernier livre de Francis Collins sur la médecine génomique et, dans le New York Times, cette enquête montrant que "les consommateurs ne se bousculent pas pour entrer dans l'ère de la génomique").
  • Dans le Journal of Medical Screening, une équipe internationale publie une étude qui, menée sur des données suédoises et anglaises, montre que "les bénéfices du dépistage du cancer du sein en termes de vies sauvées sont supérieurs, en termes absolus, aux risques de sur-diagnostic: pour chaque cas surdiagnostiqué, 2 à 2,5 vies sont sauvées." Ces résultats entrent en contradiction avec l'étude récente publiée dans le British Medical Journal (voir ce billet), comme le souligne le site NHS Choices qui décrypte les éléments de la controverse (voir aussi BBC News et Reuters; voir aussi ce billet de Dr Len, de l'American Cancer Society, sur un débat politique autour d'un programme de dépistage du cancer du sein dans le Colorado).